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L’intervention militaire de l’OTAN et la destruction de la Libye

Face à l’agression militaire de l’Otan et la destruction de la Libye par les prédateurs impérialistes pour s’emparer de ses ressources, face aux menaces contre la Syrie et l’Iran, il faut dès maintenant, s’engager pour UN FRONT MONDIAL CONTRE LA GUERRE , intégrant les mouvements sociaux, les syndicats, les partis de gauche, les gouvernements progressistes, les Etats révolutionnaires et les Etats ouvriers, pour  :
- Pas de reconnaissance du CNT (Conseil National de Transition) comme représentant du peuple libyen
- Une solution négociée avec les partisans du gouvernement Kadhafi au conflit interne libyen
- La souveraineté du peuple libyen que toutes les ressources du pays et la défense de toutes les conquêtes de l’Etat révolutionnaire libyen
- Empêcher les nouvelles guerres de l’Otan en préparation contre la Syrie, l’Iran, la Palestine

Le coup international de l’Otan contre la Libye est l’agression la plus criminelle de ces derniers temps : l’ armada militaire la plus puissante du monde (même Israël lui a apporté ses espions et son soutien logistique), contre un pays d’à peine 6 millions d’habitants qui ont résisté de toutes leurs forces. De nouvelles armes ont été essayées, avec une plus grande puissance de destruction. C’est un pas de plus dans la guerre pour le contrôle de la Méditerranée et du monde.

Cette agression confirme le rôle de l’Otan comme bras armé du capitalisme dans cette phase finale. Celui-ci ne peut recourir au fascisme comme au XXe siècle. Mais le fascisme prend cette forme : coups d’Etat commandés de l’extérieur, renversements de gouvernements, assassinats en masse. Plongés dans la crise économique et financière, les principaux pays occidentaux n’ont pas d’autre issue à offrir que celle de la répression des masses du monde, la destruction de toute tentative d’empêcher la spoliation des richesses économiques et de toute remise en question du fonctionnement du système capitaliste.

L’ONU s’est auto-annulée comme organisation internationale médiatrice. C’est l’imposition du pouvoir unilatéral de la  « communauté internationale , représentée par les principaux pays capitalistes qui englobent moins de 15% de la population mondiale.

Cette intervention de l’Otan en Libye est une mise en pratique du Nouveau concept stratégique adopté par les 28 Etats membres de l’Otan à Lisbonne, en novembre 2010. Celui-ci a centré son organisation et ses capacités de nuisance dans « la guerre au terrorisme » et élargit son champ d’action militaire au monde entier.

Les medias, dominés par le grand capital international, ont collaboré activement à cette agression impérialiste contre la Libye, en bombardant le public de mensonges à un niveau inégalé. Le prétexte d’une « menace du régime de Kadhafi de massacres envers la population de Benghazi » a été démenti par les radars russes et même par Amnesty International. En vain. Dès le vote de la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU, les alliés de l’OTAN ont visé le renversement du gouvernement Kadhafi.

Le réel objectif d’une telle offensive contre Kadhafi n’était pas la protection des civils. Il n’y a qu’à voir comment les Berlusconi, Sarkozy etc.. traitent les personnes qui fuient la guerre en Libye et se retrouvent aux frontières de l’Italie et de la France ! Un bateau chargés de réfugiés a coulé en Méditerranée entraînant la mort de centaines de personnes, sous les yeux de la flotte otanienne qui a refusé de les secourir.

Les Etats-Unis et leurs alliés de l’Otan et autres, se sont dépêchés de couper court au futur développement des révolutions en Afrique du Nord et au Moyen Orient, afin que celles-ci n’adoptent pas à leur tour les mêmes mesures économiques et sociales que celles de l’Etat révolutionnaire libyen, telles que la nationalisation des ressources naturelles, la réforme agraire, l’éducation publique accessible à tous, les services publics de santé et les logements.

Il faut tenir compte que, dans la préparation de cette agression, l’impérialisme a pu profiter des limitations et des divisions au sein de la direction libyenne : plusieurs chefs de tribus qui participaient au gouvernement de Kadhafi et en obtenaient certains avantages, ont fait sécession. Depuis le démantèlement de l’Union Soviétique, les progrès de la révolution libyenne de 1969,  se sont ralentis. Le gouvernement de Kadhafi a rétabli des relations avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la France et d’autres pays capitalistes, ce qui a provoqué une dégénérescence des relations sociales dans l’Etat révolutionnaire et donné de nouvelles possibilités de profit à la droite de ces pays. Kadhafi a fait d’importants accords économiques avec l’Espagne, l’Italie, la France et d’autres pays capitalistes. Ces relations ont aussi entraîné un accroissement de la corruption, le développement d’alliances avec des secteurs intérieurs réactionnaires. Il y eut un recul de la vie politique des masses, de la participation populaire et du fonctionnement des organes qui étaient la base de l’Etat révolutionnaire. Le peuple libyen n’a pas eu la possibilité de réagir de façon catégorique et centralisée à cette agression impérialiste.  La politique erratique de Kadhafi pendant plusieurs années a également empêche de créer des liens avec les masses des pays capitalistes qui ont commis l’agression actuelle.

Il faut rappeler cependant, que la révolution libyenne de 1969 faisait partie d’un profond processus qui a parcouru tout le Moyen Orient, l’Afrique. La révolution libyenne faisait partie d’un mouvement nationaliste révolutionnaire et socialisant, avec Nasser et Bourguiba à sa tête. Ces dirigeants ont mené la lutte pour le renversement des monarchies de l’époque et impulsé un vaste processus de libération nationale et sociale.

Postérieurement, pour toute l’Afrique, les projets de Kadhafi ont représenté une grande opportunité de développement et d’indépendance par rapport aux ex-puissances coloniales. Mais ce projet avançait trop lentement. Il se basait essentiellement sur de grands investissements d’infrastructures, sans les intégrer dans un programme de développement des populations ni d’organisation sociale des masses et il s’accompagnait également d’une campagne d’islamisation. La direction libyenne avait surtout favorisé l’émergence d’une couche privilégie et l’Union Africaine reflétait ces limitations : en dernière instance, l’Union Africaine n’a rien fait pour soutenir la Libye face à l’agression de l’Otan et a même fini par reconnaître le CNT comme représentant légitime du peuple libyen. Il en est de même pour la Ligue Arabe. Ils ont tous laissé les mains libres aux prédateurs pour le partage du butin : les fonds de l’Etat libyen gelés dans les banques occidentales.

Les partis socialistes européens, les Ecologistes, la plupart des mouvements pacifistes, les grandes centrales syndicales, ; se sont alignées sur les positions de l’Otan. Les partis communistes, même quand ils se sont prononcés contre l’impérialisme, n’ont organisé aucune mobilisation contre la guerre.

Par contre, il faut saluer la position et l’action du président Chavez et du gouvernement du Venezuela en défense de la souveraineté de la Libye, les propositions de négociations qui auraient pu éviter l’affrontement. Il faut souligner également qu’aucun pays d’Amérique Latine n’a reconnu le nouveau gouvernement (CNT) qui a usurpé le pouvoir en Libye grâce aux bombardements otaniens.

Il faut soutenir les luttes du peuple libyen pour maintenir ses conditions de santé, de logement, d’éducation, pour recouvrer la pleine souveraineté sur le pétrole et toutes les ressources naturelles. Mener une campagne de discussions des conquêtes gagnées par le nationalisme révolutionnaire, de manière à approfondit les mouvements en Egypte, Tunisie, Bahreïn, Yémen. Il faut préparer l’opposition aux nouveaux plans d’agression de l’impérialisme visant la Syrie et l’Iran.Dans le monde entier, il faut s’opposer à ce rôle de gendarme du monde de l’Otan.

Nous appelons les pays « non alignés », la Chine, la Russie à faire face, à ne pas se soumettre à ce partage du butin en Libye. Il faut dénoncer et boycotter le nouveau « Groupe des amis de la nouvelle Libye » créé récemment à Paris. 

Il faut rejeter les plans que les gouvernements des Etats-Unis et d’Europe prétendent appliquer en Libye : tous ces gouvernements sont eux-mêmes en crise et risquent tous de tomber aux prochaines élections. Obama, Sarkozy, Berlusconi, Zapatero sont en train de préparer leurs valises. Au nom de quoi vont-ils décider du sort du peuple libyen ?

Nous appelons les partis de gauche, communistes, socialistes, syndicats, les mouvements nationalistes révolutionnaires et les gouvernements progressistes, les Etats révolutionnaires et les Etats ouvriers à s’unir dans la solidarité avec les masses de Libye et empêcher cette œuvre de prédation préparée par les grandes puissances occidentales. Celles-ci ne feront que reproduire ce qu’elles ont déjà fait en Iraq : se faire rembourser les dépenses de guerre en volant les richesses du pays. Cela a conduit l’Iraq à la ruine. Voilà le véritable contenu « humanitaire » et « libérateur » de cette nouvelle agression.

Quatrième Internationale Posadiste
2 septembre 2011